Aujourd'hui, c’est un jour particulier pour moi. En effet, j’ai 18 ans et toutes mes dents. Hélas, papi n'a plus la même chance.
J'ai ainsi décidé ici de
raconté ma vie pour différentes raisons.
C'est pour moi une façon de partager ce que je ressens, ce que je vis mais aussi de suivre l'évolution de ma façon de penser, d'être, au fil du
temps...
Malheureusement, mardi 19 septembre 2050, c’est jour d’école et comme pour tous ces jours si chers à mon cœur, le réveil a encore été difficile. En même temps, commencer les cours à 6 heures, cela fait tôt. Heureusement que toutes nos après midis sont libres pour faire ce que l’on veut.
L'école, je n'en peux plus, j'attends avec impatience le SEOBH (le Séjour Obligatoire à l'Ėtranger à But Humanitaire). Enfin une bonne chose que le gouvernement français a mis en place. Je suis vraiment pressé, contrairement à beaucoup de mes camarades, de partir là-bas et venir en aide à ces populations désœuvrées.
Mes parents, qui n'ont pas connu le SEOBH, m'ont
encore raconté hier soir que toutes ces populations vivaient, pour la plupart, comme nous avant et avaient leur propre pays. Mes amis ont majoritairement choisi l'Asie et surtout la Chine
Intérieure. Moi je me tâte,
peut être irais-je là-bas, mais j'ai quand même un faible pour l'Indofrica. Nous, on se plaint de nos quottas de temps de notre douche journalière régulée par l' ordinateur central de la maison, mais
eux, l’expression "se laver",
je pense qu'ils ne savent pas ce que cela signifie. Eux
connaissent la famine, l’insécurité, les maladies tropicales, la pauvreté, l’illettrisme… En clair, ils n’ont pas les mêmes problèmes que nous, enfin on ne peut pas les comparer sur
une même échelle. Pour nous,
certaines choses peuvent être importantes à nos yeux, et pour eux, dérisoires. On n’a pas la même vie. Nous, c’est le jour, et eux, c’est la nuit. C'est pour cela que l’on peut dire que notre vie est belle, à défaut de ne pas être parfaite.
Chez nous, le climat est toujours agréable, les périodes de froid sont très courtes et tant mieux pour moi qui ai la santé fragile. On a beaucoup de loisirs, de confort, on vit en sécurité, en bonne santé, notre vie n'est pas à plaindre. Nous sommes égoïstes lorsque que l’on se plaint des petits tracas du quotidien, c’est pour cela que je suis content de partir à la rencontre de ces populations pour leur venir en aide. Ce sera une bonne occasion de se mettre à leur place, et de connaître au quotidien ce qu'est la vie de tous les jours là-bas.
Oui, j’ai 18 ans. Je sais qu’il me manque encore de la maturité à mon âge mais à cette période de la vie, on peut commencer à faire toute une réflexion sur soi, sur notre vie, le chemin que l'on a déjà parcouru, mais aussi avoir une vision sur le monde actuel, sur tout ce qui nous entoure, la majorité ou l’âge d’entrer dans le monde des grands, celui des responsabilités et du travail.
Les responsabilités, le monde les a prises. Le travail, le monde l’a réalisé et de forte belle manière. En effet, beaucoup de choses ont changé en 40 ans depuis cette prise de conscience mondiale d’un changement radical de fonctionnement. Hélas, pour certaines espèces, ce fut trop tard, on a juste pu limiter les dégâts. Cela a changer beaucoup de petits détails dans notre vie de tous les jours. Ce n’est pas moi qui le dit mais Madame Cassenoie, 70 ans, notre professeur d’énergie propre, qui nous oblige à avoir des cahiers ou feuilles simples. Elle interdit les ordinateurs portables en cours parce qu’elle a peur qu’on ne sache un jour plus écrire. Bref, le monde a évolué mais a encore beaucoup de progrès à faire…
Pour demain, on prévoit encore une mini tempête
pour 14h54 dans le quart Nord-Ouest du département. C’est frustrant, je ne pourrai probablement pas aller au match de foot prévu demain soir au stade Belmondo. À moins que je prenne le Tramsouterrain Angoulême-Bordeaux. Le problème, c’est qu’il va y avoir beaucoup de monde à cause du
mauvais temps ! Merci les générations précédentes pour avoir changé notre bon vieux climat d’antan. Enfin, moi, je ne l’ai pas connu, mais il est sûr que ces tempêtes à répétition n’existaient
pas. De ce que je me
souviens, mamie m’a juste parlé d’une vieille tempête chez nous en 1998, il me
semble. Il paraît que les dégâts avaient été importants. Maintenant, il est sûr que ces petites tempêtes ne font pas beaucoup de
dégâts, grâce également à l’adaptation des hommes, mais elles sont plus fréquentes et bousculent le quotidien.
Et dire que j’aurai pu y aller tranquillement avec ma Smart 3000, en n’oubliant pas, bien sûr, cette fois-ci, de la brancher à l'alternateur pour le lendemain. Ah non, la tempête c’était en 1999. De toute façon, on n’est pas à un an près.
C'est déjà la deuxième fois en deux semaines, cela commence à faire beaucoup. On peut voir le bon côté des choses, car s’il y a tempête, il n’y a pas école. Il va donc falloir rester confiner chez soi à jouer à la Sonybox ou au Cyberbuzzer. Je ferais mieux d'essayer de réparer mon Sketfaster. Son autonomie n'est plus que de 8 heures. Il faudrait changer les bandes solaires sur les côtés, mais ma mère ne voudra jamais me donner 50 Dolleuros pour les acheter. Je vais lui dire que c'est pour m’acheter le nouvel uniforme de l’IUT parce que le mien est usé (la vieille excuse qui marche toujours).
Je me demande vraiment comment les gens faisaient dans le temps avec les vélos ou les trottinettes sans moteur à propulsion, cela devait leur demander pas mal d'effort. En même temps, je ne suis pas un très grand sportif, et si tout le monde était comme moi, et si les énergies propres n’existaient pas, le monde ne serait plus ce qu’il est. Moi, je ne vois pas partir à l’IUT en trottinette ou à vélo avec des jolies auréoles sous les bras marquant notre arrivée triomphante.
J’aurai dû choisir l’apprentissage par visio-conférence. C’est vrai, assister à un cours quand on est dans son lit, c’est presque le rêve, le plus dur étant de ne pas se rendormir bien évidemment.
Ah les études… Encore une bonne invention!
Pourquoi apprendre alors que
l’on pourrait s’amuser. Mamie, qui a déjà 95 ans et encore de belles années devant elles, nous répètent toujours à moi et mon frère « profitez de la vie mes
enfants ».
Ce n’est pas en allant à l’école que l’on va profiter de la vie, à rester assis à une table en suivant des cours inintéressants. De plus, on ne sait pas ce que l’on va devenir, s’il y aura assez de travail pour nous, enfin plutôt un emploi qui nous intéresse. Et heureusement que je n’étais pas en âge de travailler il y a presque 30 ans, avec cette folle crise du travail. 20% de chômage, c’était vraiment énorme, je me demande bien ce qu’aurait été ma vie. Je crois que j'aurai suivi le mouvement, être payé à rester chez soi, creusant profondément le déficit national que nous, nos enfants et petits enfants vont devoir désormais rembourser.
Je me demande également comment vivaient les gens sans toutes ces nouvelles technologies et ces progrès techniques à cette époque. Leur vie ne devait pas être très réjouissante. Dire qu’à cette époque le Pôle Nord était de glace… Et ne l’est plus maintenant à cause des Hommes, et leur pétrole. Encore une trouvaille démodée. On donne désormais 150 ans au pôle Nord afin de redevenir ce qu’il était il y a un siècle. Il va dès lors falloir réintégrer les espèces polaires tels que les ours blancs ou les loups blancs, par exemple, qui sont actuellement parqués dans des zoos, tel un musée, des souvenirs du passé, celui des animaux. Pour cela, il faudra je pense plusieurs siècles avant que ces espèces ne se réadaptent à la vie de leurs ancêtres.
J’ai vu des reportages de l’époque, quand tout le Japon était encore au dessus du niveau de la mer, les gens portaient des masques à cause de ce pétrole, dans ces endroits ultras bétonnés sans la moindre verdure. Cela a bien changé quand même, pour le Japon et pour toutes les villes aussi. Moi, je préfère largement la vie d’aujourd’hui quand même. En même temps, c’est normal, j’adore la nature et respirer un air pur. La ville végétalisée d’aujourd’hui est beaucoup plus plaisante que la ville typique de l’époque et irrespirable.

Ce midi, je suis rentré manger à la maison. On habite, ma famille et moi, juste à côté de l’IUT, enfin tout proche, à 200 mètres. J’habite dans une maison construite à base de matériaux propres, elle est bien isolée, totalement autonome au niveau de sa consommation électrique, comme les deux tiers des habitations de notre pays. J’en suis très fier. Elle est également constituée de belles verdures qui font respirer la maison de belle manière, on pourrait se croire en pleine montagne. Evidemment, j’exagère un peu.
Et ce midi, c’est une bonne bavette qui m’attendait avec de bonnes échalotes du jardin. Et dire que cette viande a fallu devenir un privilège.
En effet, Messieurs les grands présidents des grands pays mondiaux ont voulu réduire très fortement le nombre de bovins sur notre terre car leurs pets pollueraient trop. J’imagine leur tête lors des réunion de l’ONU, lorsqu’un d’entre eux a lu la définition du pet. « Un pet, vesse, ou vent est une flatulence sortant par l’anus, démonstration Monsieur Le Président s’il vous plaît ». Exterminer des animaux parce qu’ils polluent trop… Et les humains dans tout cela ? Mon œil! En arrêtant le pétrole, et donc, les engins très polluants qui fonctionnaient avec ce carburant, on a pu sauver cet animal qui est tant cher à mon palet. Bien sûr, afin de continuer d’absorber des grosses quantités de CO2, il a fallu reboiser le poumon de notre terre, la forêt amazonienne presque de moitié déforestée, par des compagnies peu scrupuleuses, comme dans beaucoup d’autres endroits du monde.
Hier, j’ai vu un transpopulaire rempli de Chinois. Je me demande quelle est la raison qui les a poussés à se perdre ici. Et dire qu’ils représentent à eux seuls un quart de la population mondiale. Ils sont vraiment très nombreux, presque déjà 3 milliards sur terre. Le panda a disparu mais le Chinois, non. Lui, il pullule, se multiplie, on n’arrête plus sa croissance. L’idée de l’enfant unique des années 1979-2020 n’a pas tenu le choc face à la hausse du niveau de vie, et l’envie, la possibilité des familles de vivre dans de bonnes conditions avec 3 ou 4 enfants. Désormais, ils vivent aussi bien, voire mieux que nous, européens, même s’il y a toujours de très fortes inégalités comme dans tous pays.
Je me demande si je pourrai vivre toute ma vie dans cette immense fourmilière, la plus grande puissance économique, démographique et militaire
du monde. J’entends souvent Monsieur Poushki, notre voisin d’en face, critiquer ces « chinetoques », ou bien ces « faces de pamplemousse », comme ils les appellent,
« combien de planète faudra-t-il pour héberger ces yangs ?». Il m'arrive souvent d'en rigoler tout seul.
D’un coté, il n’a pas tord. L’accroissement démographique élevé des pays en catastrophe naturelle ou comme celui de la Chine, qui s’accroît fortement, devrait laisser place à une stagnation de leur population. Il faudra sûrement reprendre l’idée d’aller vivre sur une nouvelle planète après l’échec cuisant de la planète Mars.
J’ai 18 ans aujourd’hui, et, peut-être, dans un siècle j’écrirai encore, et poursuivrai le récit de ma vie. Il est vrai que l’idée de vivre jusqu’à 120 ans, tout comme mon arrière grand-père, me plaît.
La médecine et notre mode de vie ont prolongé l’espérance de vie, et passer le siècle de vie est très fréquent. Beaucoup de maladies comme le sida, la tuberculose ou le cancer qui ont pratiquement disparu, ont prolongé notre espérance de vie grâce aux vaccins injectés seulement sur les nouveaux nés.
Cela fait bizarre de se dire qu’il y avait encore des aveugles au début du siècle.
J’aimerai bien savoir jusqu’à quel âge le corps humain peut humainement vivre. Seuls les générations futures connaissent cette réponse.
En même temps, les vieux c’est énervant… Comme dit
mon pote Jean-Mi, « il faudrait les tuer à la naissance ». Ils sont toujours pressés à rien faire
alors qu’ils n’ont que cela à faire. Il y en a partout, ils roulent toujours à 2kms/h, ce sont des dangers publiques… Oui,
des dangers publiques. Heureusement, le permis est retiré à 95 ans, autrement je pense que l’on aurait beaucoup plus de problèmes liés à la vieillesse sur les éco-routes. Et dire, qu’ils vivent
de plus en plus longtemps... Ils vont nous em****** encore plus longtemps alors ! La retraite est à 72 ans. Avec l’allongement de la vie, il va falloir aussi repousser l’âge de la retraite.
Je ne me vois pas travailler jusqu’à 80 ans, ni même 60 ans, c’est trop long. Je critique les anciens, mais un jour, on sera à leur place, et ce sera à notre tour d’énerver les jeunes. Et on dira
comme nos aînés « Ah les jeunes d’aujourd’hui… Ce n’est plus ce que c’étaient ».
Réflexion du jour : aujourd’hui, 18 ans, et une réflexion sur le monde et moi-même. Je pense que même si le monde a beaucoup évolué depuis celui de nos parents ou arrières grands-parents, les jeunes connaissent toujours les mêmes angoisses et incertitudes, à savoir quel avenir les attend, et quel sera le monde de demain.
Promis, la prochaine fois, j’écrirai quelque chose de plus réjouissant !